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Entre crises sanitaires émergentes, menaces épidémiques et bouleversements géopolitiques, l’Organisation Mondiale de la Santé traverse une période particulièrement délicate.

Fragilisée par le retrait annoncé de certains États et confrontée à de nouveaux défis sanitaires, l’OMS tente de préserver son rôle central dans la gouvernance mondiale de la santé.
L’annonce choc de Donald Trump quant au départ des États-Unis de l’Organisation Mondiale de la Santé, dès son arrivée à la Maison Blanche, a largement inquiété la communauté internationale, dans un contexte où certaines populations nécessitent plus que jamais une aide humanitaire et sanitaire. Si ce retrait n’est pas encore tout à fait effectif, pour des raisons de cotisations impayées notamment, il implique une baisse énorme des moyens financiers de l’organisation.
Les États-Unis représentaient jusqu’alors la part la plus importante des financements étatiques de l’organisation, tout en étant un contributeur majeur en termes d’innovation et de développement. Mais l’administration Trump accuse notamment l’organisation de manquements durant la pandémie de Covid-19, et énonçait vouloir retrouver son indépendance et souveraineté sanitaire. D’ailleurs, les États-Unis ne sont pas les seuls, avec le retrait de l’Argentine de Javier Milei annoncé à la même période.
Le retour d’un des virus les plus dangereux du monde en République Démocratique du Congo ne présage rien de bon. Alors que la situation semblait relativement sous contrôle, le variant Bundibugyo se propage de plus en plus rapidement, et laisse sur son passage de nombreuses victimes.
Il n’existe à l'heure actuelle pas de vaccin homologué contre ce variant, et l’ampleur que va prendre cette épidémie est difficile à déterminer. C’est pourquoi l’OMS décrète la situation comme étant une “urgence de santé publique de portée internationale”. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est actuellement sur place, preuve de l’engagement de l’organisation et des moyens mis en œuvre pour régler la situation.
Un autre problème de santé majeur se retrouve au cœur de l’actualité. L’épidémie d’Hantavirus, survenue à bord du navire de croisière MV Hondius. Entre quarantaine et peur d’une nouvelle pandémie, le rôle de l’OMS est déterminant pour mener une riposte mondiale coordonnée.
Toutefois, l'organisation se montre rassurante, insistant sur un risque “absolument faible” de propagation à l’échelle mondiale. Si le virus est particulièrement dangereux et difficile à traiter, sa propagation reste limitée, notamment grâce aux mesures prises. L’OMS démontre de fait une réponse solide appelant au calme et la précaution.
C’est justement pour se prévenir des prochaines pandémies, et éviter une situation similaire à la crise du Covid-19, qu’ont été signés en 2025 les Accords Pandémies de l’OMS, après de longues négociations. L’objectif est principalement d’armer équitablement tous les États du monde pour répondre aux crises sanitaires avant que celles-ci ne deviennent des pandémies.
Reste toutefois à voir comment va évoluer l’annexe PABS, une annexe demandée par les pays en développement, ceux ayant les plus souffert de la pandémie de Covid-19, du fait des nombreuses fermetures de frontières et des inégalités d’accès aux vaccins. Cette annexe a donc pour objectif de favoriser l’accès aux vaccins, en passant par une redistribution supervisée par l’OMS. Or, les négociations concernant cette annexe peinent à se conclure, ce qui retient de fait l’application de l’entièreté de l’Accord sur les pandémies. Une épreuve que l’OMS doit surmonter pour réaliser le grand pas que représente cet accord.
Les États-Unis investissent massivement en Afrique, notamment au Kenya, pour “soutenir les efforts de prévention” du pays, dans lequel aucun cas n’a été recensé pour le moment. Toutefois, derrière ce soutien se trouvent les réelles motivations du pays, à savoir de protéger ses ressortissants, notamment en installant au Kenya des centres de quarantaine. L’objectif est clair et affiché : empêcher la propagation du virus en mettant en quarantaine tous les potentiels infectés et n’autorisant aucun ressortissant américain à revenir sur le territoire pour se faire soigner. Une approche solitaire et isolationniste, compréhensible mais qui va à l’encontre des efforts collectifs menés par l’OMS.
En effet, cette approche remet en cause les efforts de coopération internationale en matière de santé. D’autant que le travail n’est pas facilité par la fermeture de la frontière entre l’Ouganda et la RDC, caractéristique d’une peur qui rappelle l’isolationnisme dont ont fait preuve quasiment tous les pays du monde pendant le Covid.
Le 79è sommet de l’organisation ayant eu lieu en mai dernier a rappelé l’importance de prévenir les pandémies, et de traiter avec précautions les zoonoses, maladies infectieuses de provenance animale, qui représentent 75% des maladies infectieuses connues. D’où l’importance d’une restructuration de l’architecture de santé mondiale, et de l’approche One Health, qui prend en compte la santé de notre environnement et tous les êtres vivants sur terre, sans laquelle les progrès faits en matière de santé humaine ne seront que limités. Des promesses que certains voient comme irréalisables au vu du contexte actuel et du financement mis en péril de l’organisation.
Bien évidemment, l’OMS n’est pas la seule organisation qui traite des questions de santé, et le rôle des organisations régionales, des ONG, des centres de recherches etc. n’est pas à négliger. Les questions de santé seront également abordées au G7 en juin prochain, avec la présence des États-Unis, mais probablement pas au premier plan, au vu de la prépondérance des questions de défense et d'ordre économique, et sans promesses de résolutions concrètes.
Sources :
Nations Unies (2026) “L’OMS regrette le retrait des États-Unis et avertit de l’impact sur la sécurité sanitaire mondiale”. ONU Info, 25 janvier. Disponible à : https://news.un.org/fr/story/2026/01/1158283.
Le Monde (2026) “Retrait des États-Unis de l’OMS : le patron de l’agence onusienne estime que les raisons invoquées pour la quitter sont fausses”, Le Monde, 25 janvier. Disponible à : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/25/retrait-des-etats-unis-de-l-oms-le-patron-de-l-agence-onusienne-estime-que-les-raisons-invoquees-pour-la-quitter-sont-fausses_6663997_3210.html.
Ouest-France (2026) “Ebola en République démocratique du Congo : le patron de l’OMS est arrivé en Ituri, épicentre de l’épidémie”, Ouest-France. Disponible à : https://www.ouest-france.fr/sante/virus-ebola/ebola-en-republique-democratique-du-congo-le-patron-de-loms-est-arrive-en-ituri-epicentre-de-lepidemie-00121534-5c14-11f1-b3f0-aacb0ffa8bfb.
Nations Unies (2026) “Hantavirus : le risque de propagation reste « absolument faible », insiste l’OMS”, ONU Info, 28 mai. Disponible à : https://news.un.org/fr/story/2026/05/1158804.
Conseil de l’Union européenne (2025) “Vers un traité international sur les pandémies”. Disponible à : https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/towards-an-international-treaty-on-pandemics/.
Lignes de défense (2026) “Ebola : l’armée américaine chargée de mettre en place un centre de quarantaine au Kenya”, Lignes de défense. Disponible à : https://lignesdedefense.ouest-france.fr/ebola-larmee-us-charge-de-mettre-en-place-un-centre-de-quarantaine-au-kenya/
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