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Le 27 février OpenAI signe un contrat exclusif avec le Pentagone qui s’associait jusqu’alors à Anthropic. L’annonce a l’effet d’un tremblement de terre chez les professionnels et dans l’opinion.

À l’aube de l’entrée en bourse des startups de l’IA, l’horizon se trouble pour les géants du futur. Depuis 2022 et les premiers pas des LLM, l'armée américaine cherche à mettre à profit cette technologie. L’ancien département de la défense a rapidement déterminé que Claude, l’agent d’Anthropic, était le plus performant pour ses usages. Fin 2024, et par l’intermédiaire de l’infrastructure Palantir et Amazon Web Services, Claude entre au Pentagone. En juillet 2025, un contrat historique est signé, le premier entre un LLM civil et un ministère de la défense.
Cet accord, évalué à hauteur de 200 millions de dollars, devait être renégocié en février. Lorsqu’Anthropic refuse de céder sur les termes interdisant la surveillance de masse sur le sol américain et l’autonomisation de machines de guerre avec Claude, la situation s’envenime. Trump fait pression sur Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, l’accable d'”anti-américanisme” et son entreprise de “ RADICAL LEFT, WOKE COMPANY”. Il décrète dans la foulée que la société est un risque à la chaîne d’approvisionnement national (une mesure alors jamais appliquée à une entreprise américaine). Cela force toutes les entreprises commerçant avec Anthropic à couper les ponts sous 3 mois et menace sérieusement son futur. Le dossier entre alors dans l'œil public et quand la date butoir du 27 février arrive, aucun compromis n’est trouvé et OpenAI rafle la mise aussitôt.
Les heures qui suivent et sur X (anciennement Twitter) Sam Altman annonce à demi-mot que le deal signé par OpenAI inclut les restrictions qu’Anthropic souhaitait conserver. Il précise par la suite que son modèle Frontier ne pourra être utilisé que pour “tous les usages légaux” ce qui laisse la porte ouverte à des changement de législation et ne dit rien des principes de son entreprise. L’opinion publique se retourne immédiatement contre Altman et alors que de nombreux employés seniors démissionnent à cause de la signature du contrat, ChatGPT s’apprête à affronter sa première crise de relations publiques.
En une semaine le nombre d’utilisateurs qui désinstallent l’application augmente de 300% au profit de Claude qui passe premier mondial de l’App Store (iOS) et du Play Store (Android). Du côté des investisseurs, les opinions sont divisées. Le gouvernement américain est sans doute le meilleur client du monde, remplacer un compétiteur direct dans une relation exclusive est en principe une excellente nouvelle. Mais dans un secteur éminemment spéculatif, l’opinion se fait et se défait rapidement et peut emporter avec elle bien plus de 200 millions de dollars. La spéculation se fait aussi sur les sources de revenus pour ces entreprises. Sont-elles vouées à faire des abonnements mensuels des individus leur fond de commerce en réduisant leurs coûts ? Ou sera-t-il plus lucratif de développer des modèles spécialisés comme Claude Gov. (modèle développé pour le Pentagone durant leur partenariat) au fil de contrats aux montants faramineux ?
Deux obstacles majeurs se dressent envers cette quête de rentabilité. La guerre des tokens est une épée à double tranchant. Il est inestimable pour les entreprises d’avoir une base d’utilisateurs importante afin d’alimenter son modèle Frontier et de rester à la pointe de la technologie. Mais ces tokens coûtent beaucoup plus chers qu’ils ne rapportent, on pense alors à spécialiser les modèles et contracter avec des entreprises ou des gouvernements, on perd alors la base d’utilisateurs, c’est pour le moment sans issue. Le deuxième obstacle est la difficulté à créer une expérience différenciée qui propose aux utilisateurs des avantages qu’ils ne trouveront pas chez la compétition. Les innovations technologiques sont faciles à imiter et les différences dans les expériences proposées aux utilisateurs (UX) varient très peu par dessin. Chaque utilisateur fait un usage différent de son agent IA, il faut donc proposer un produit généraliste est fortement modulable, peu différencié, sinon on perd la base d’utilisateurs la plus large.
2026 doit être l’année qui marque l’entrée en bourse des géants de l’IA. Mais plus l’heure approche et plus les voix des sceptiques se font entendre. Au fil de montages financiers et de rapports défavorables à l’investissement historique entreprit dans cette technologie émergente, l’enthousiasme général envers l’IA se confronte à un hiver, un contrecoup inévitable en vue des sommets atteints par les attentes. Le malaise fait vaciller jusqu’aux acteurs les plus dépendants de ce pari. Jensen Huang, qui maîtrisait parfaitement son discours, se trouve de plus en plus incohérent. Tout en annonçant avoir atteint l'Intelligence Artificielle Générale, il revient sur ses promesses d’investissement dans OpenAI. Altman de son côté est de plus en plus irritable en entrevue. Un extrait est devenu viral sur les réseaux ou le PDG d’OpenAI perd son sang froid question sur la solvabilité de son entreprise :
Pour ces entreprises fragiles, une entrée en bourse représente l’aboutissement des espoirs que la Silicon Valley place en elles depuis une décennie. C’est l’occasion de fuir les questions de rentabilité et de gains de productivité et de remplacer cela par l’optimisation du retour sur investissement des actionnaires.
Les retombées de la signature du contrat avec le Pentagone constituent un point de rupture entre le discours des géants de la tech et l’opinion publique jusque-là majoritairement enthousiaste vis-à-vis du futur de l’intelligence artificielle. A quelques mois des entrées en bourse des modèles Frontier, ce refroidissement transforme l’impatience des investisseurs privés, qui voyaient cet évènement comme la ligne d’arrivée, en anxiété.
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